Alfred HitchcockAlfred Hitchcock
, réalisateur américain d'origine britannique, né à Londres en 1899 et décédé dans sa villa de Bel-Air (Los Angeles) en 1980, est sans aucun doute l'inventeur du thriller tel qu'on le conçoit de nos jours.

Décrié par les uns, l'accusant de ne reprendre à l'écran que des ficelles policières conventionnelles, adulé par les autres qui n'hésitent pas à comparer son génie à celui d'un Murnau ou d'un Eisenstein, Hitchcock a su, malgré tout, développer un style personnel et donner au "suspense" toutes ses lettres de noblesse.


Les films de Hitchcock ne prétendent délivrer aucun message et lui-même reconnaissait l'aspect "commercial" de certaines de ses productions. Le schéma scénaristique qu'il utilisait était des plus classiques : un crime, un coupable, un faux coupable et un enquêteur (qu'il soit policier ou pas) ; des soupçons se portant d'abord sur des innocents puis un twist à la dernière minute qui nous révèle le véritable criminel, pris au piège et arrêté.
Voilà toute la méthode hichcockienne classique, telle qu'on peut la retrouver dans la plupart des œuvres, telles la Corde (1948), l'Inconnu du Nord-Express (1951) ou encore Frenzy
 (1972).

 

 

Mais l'on ne saurait limiter l'oeuvre d'Hitchock à cette trame banale. Hitchcock, c'est aussi une réalisation digne d'un virtuose, une écriture bien souvent audacieuse, surtout pour l'époque, et surtout un magicien jouant machiavéliquement du "crime parfait" ou du secret gardé jusqu'au bout sur lequel repose tout le film. 
La première tâche à laquelle s'attelait Hitchcock était d'abord de susciter l'émotion du spectateur, puis de la "préserver" jusqu'à l'angoisse et la délivrance finale.

C'est cette mise en scène, excellemment bien travaillée et maîtrisée, autour de ce "puzzle" complexe qui fait toute la raison d'être des films d'Hitchcock. Il suffit, dès les premières images, d'un geste, d'une parole, d'un regard, pour transmettre toute l'intensité d'une situation dramatique.

C'est pourquoi, au milieu de ses films, il apporte également une touche d'humour, pour décoincer un brin l'ambiance, comme dans Mais qui a tué Harry ? (1955), lequel film inspire des aventures tragi-comiques ayant pour cadre les paysages automnaux si caractéristiques de la Nouvelle-Angleterre.

 

 

Art du suspense, donc. Mais aussi art des effets spéciaux. Hitchcock s'appuie sur une technique quasi parfaite, et sur mille trouvailles spectaculaires pour son époque et qui inspireront d'autres créateurs par la suite, comme Steven Spielberg pour les Dents de la Mer (Jaws).
Les truquages d'Alfred Hitchcock contribuent même et largement à l'atmosphère ambiguë de son oeuvre, voire terrorisante, notamment dans le très célèbre les Oiseaux :

 

Hitchcock sait jouer de certains effets de prises de vue comme dans l'Inconnu du Nord-Express, où l'on est plongé quasiment dans la vision du tueur à travers des lunettes noires.
Enfin, bien avant Stan Lee, Hitchcock pratique l'art du caméo, faisant une apparition  à chacun de ses films et souvent de la façon la plus imprévue : en simple passant ou en passager d'un bus, voire sous forme de portrait sur une pub vantant une lotion capillaire, ce qui est assez ironique sachant qu'Hitchcock était chauve...