Art et Cinéma

29 mars 2019

Hommage à Agnès Varda

 

Agnès Varda

La grande cinéaste française d'origine belge, Agnès Varda, vient de nous quitter à l'âge de 90 ans.

Elle était née le 30 mai 1928 à Ixelles, d'un père grec. Elle quitta la Belgique bombardée en 1940 pour venir s'installer à Sète où elle passa toute son adolescence. Puis elle monta sur Paris, s'inscrivit à la Sorbonne où elle fut l'élève de Gaston Bachelard. Elle entra ensuite à l'Ecole du Louvre avant d'obtenir un CAP de photographie (sa première passion).

Agnès Varda, c'était un cinéma engagé, témoin des grandes luttes de son époque, comme le féminisme ou la cause des sans-abris comme dans son film Sans toit ni loi. Elle fit même une critique acerbe des excès de la société de consommation dans son autre long-métrage Les Glaneurs et la Glaneuse.

Avec un talent de grande conteuse, associé à une insatiable curiosité, Agnès Varda s'est fait une place dans le cinéma français, à tel point qu'elle reçut le César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière en 2001.

Agnès Varda, c'est au total 62 ans de carrière, 50 films - essentiellement des documentaires et des comédies dramatiques - 11 récompenses et 50 nominations.

Qu'elle repose en paix.

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28 mars 2019

"Mort ou Vif" - Sam Raimi (1995)

Mort ou Vif afficheSorti aux Etats-Unis sous le nom de "The Quick and the Dead" en 1995, Mort ou Vif est un western de Sam Raimi.

Sam Raimi, connu à cette époque pour avoir réalisé Whithin the Woods (1978) ou Evil Dead (1981), futur réalisateur de Spider Man (2002) et Spider Man 2 (2004), c'est 40 ans de carrière dans le cinéma, 78 films à son actif, 16 nominations dont une récompense, en 1999, au Festival du film policier de Cognac où il remporta le prix spécial du jury pour Un Plan Simple.

Il s'agit d'un réalisateur plutôt spécialisé, à la base, dans le genre épouvante/horreur et thriller.

  • Le pitch du film : 

Herold (interprété par l'excellent Gene Hackman) règne en maître sur une petite ville de l'Ouest américain du nom de Redemption. Il y organise, chaque année, un tournoi de duels dont le vainqueur remporte la somme de 123 000 dollars. Mais il s'arrange pour toujours le gagner. Mais cette fois, une ravissante étrangère, blonde, Ellen (Sharon Stone), participe à la compétition ; elle n'est toutefois pas là par hasard. Il s'agit pour elle de venger la mort de son père, ancien shérif à Redemption, tué après avoir été torturé par Herold.

Mon avis :

Un western sans prétention, certes, mais néanmoins intéressant par son traitement, le fait qu'il ne s'agisse pas, justement, d'un western classique mais revisité par les convictions de l'actrice Sharon Stone, dont on connait les engagements féministes.

Mais parlons un peu du film en lui-même :

Réalisé par Sam Raimi, il s'agit en fait d'un film de Sharon Stone. En effet, l'actrice sortait de l'excellent Basic Instinct et sa popularité était alors en hausse, ce qui fait qu'elle fut nommée co-productrice du film. Elle put donc choisir ses partenaires, ainsi que le réalisateur. C'est elle qui porta son choix sur Sam Raimi, surtout connu à l'époque pour son Evil Dead. C'est elle qui choisit également le tout jeune Leonardo di Caprio pour le rôle du Kid ; elle l'avait remarqué dans Gilbert Grape de Lars Hallström. Elle alla même jusqu'à proposer à la production de payer elle-même la moitié du salaire de l'acteur. Toutefois, il resta dur à convaincre car déjà à cette époque, il choisissait scrupuleusement ses rôles avec parcimonie. S'il finit néanmoins par accepter, c'est pour deux raisons : l'une, il n'avait plus aucune proposition depuis un an et l'autre, parce que le rôle qu'on lui proposait était très différent d'un banal Billy le Kid et qu'il pouvait l'interpréter d'une manière différente.

Sharon Stone engagea également un acteur néo-zélandais quasi inconnu jusqu'alors, un certain Russell Crowe, pour incarner le rôle du révérend Cor, qui n'avait joué que dans quelques petites productions australiennes. Mort ou Vif fut son premier long-métrage américain.

Le film fut tourné dans un lieu mythique pour beaucoup de westerns : à Mescal, dans l'Arizona, là où avait été tourné Monte Walsh en 1970 avec Lee Marvin. Mais aussi Josey Wales Hors-la-Loi, Tom Horn, Juge et Hors-la-Loi et plus de cinquante autres westerns.

Pour apporter plus de crédibilité au film, les acteurs furent formés et entraînés pendant trois mois au maniement des armes à feu, notamment par un maître d'armes réputé à Hollywood, Thell Reed, engagé comme conseiller technique sur de nombreuses autres productions. 

Enfin, la scène où Gene Hackman gifle Sharon Stone n'était pas prévue à l'origine dans le scénario. Ce qui surprit l'actrice et du coup, sa réaction à l'écran est authentique et sincère.

Parce que ce film est d'abord un film qui veut sortir le genre western de ses préjugés machistes et sexistes. Cela se sent d'ailleurs dans les répliques, l'attitude et le jeu de Sharon Stone qui a dû lutter avec certains membres du staff de la production qui ne la trouvait pas assez "sexy" dans son rôle. En effet, sortant de Basic Instinct, elle était devenue le fantasme de beaucoup d'hommes mais elle voulait justement montrer qu'une femme, dans un western, pouvait jouer un autre rôle qu'une prostituée de saloon et manier un flingue. Ce qui avait été abordé, d'une certaine manière, par les Belles de l'Ouest de Jonathan Caplan sorti un an plus tôt. Mais ce qui fait la différence, c'est que Sharon Stone impose, de par son style et son caractère, une héroïne solitaire à l'écran, à la fois dure et impitoyable, tout en restant féminine. Elle est capable de manier le Colt aussi bien, voire mieux, qu'un homme et pourtant elle reste femme, capable même d'offrir son coeur à celle qu'elle a choisi d'aimer. Et cela, c'est du jamais vu dans un western où généralement les femmes étaient cantonnées à des rôles de prostituées ou d'épouses fidèles. Sharon Stone dépoussière et renouvelle, par ce biais, le genre du western. Elle ouvre également la voie à toutes les héroïnes principales. Ce film est ainsi le premier du genre dans ce domaine.

Si vous voulez voir à quoi ressemble un film authentiquement féministe, dans le bon sens du terme, alors regardez "Mort ou Vif".

Après, le film souffre de certains défauts, comme une histoire un peu trop répétitive, l'enchaînement des duels, le fait que toute l'intrigue se passe à l'intérieur de la ville sans jamais en sortir, que, finalement, il n'y ait pas plus d'enjeux qui lient les personnages entre eux et surtout une scène de sexe entre Sharon Stone et Russell Crowe qui n'a pas vraiment de raison d'être hormis pour dévoiler la plastique de l'actrice.

Mais esthétiquement parlant ce film n'est pas désagréable à regarder et ravira malgré tout les amateurs de western par ses décors, ses couleurs et son atmosphère, d'une manière générale. Il est à voir aussi pour la superbe prestance de Gene Hackman qui s'impose en tant que méchant fielleux et cynique qu'on se plait à détester.  A voir aussi pour les débuts du jeune Leonardo di Caprio qui se révèle percutant et touchant et ceux d'un Russell Crowe dont on connait les suites de sa brillante carrière.

Ma note : 7/10

Mort ou vif (1995) bande annonce

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13 mars 2019

"Taxi Driver" - Martin Scorsese (1976)


Taxi Driver (affiche)"Taxi Driver" - un film de Martin Scorsese, sorti en salles le 2 juin 1976, avec Robert de Niro, Jodie Foster et Harvey Keitel dans les rôles titres.

Le pitch : "Taxi Driver" raconte l'histoire de Travis Bickle, interprété par de Niro, un jeune homme du Midwest américain et ancien marine, qui devient chauffeur de taxi de nuit à New York. Insomniaque et solitaire, il rencontre Betsy, une assistante du sénateur Charles Palantine, candidat à la présidentielle, mais elle le repousse après qu'il l'a emmenée voir un film pornographique. Confronté à la violence et à la perversion de la nuit new-yorkaise, il achète des armes au marché noir et s'entraîne à les manier.

Mon avis : Une plongée dans l'Amérique en crise de la fin des années 70, période de doute dans ce pays, entre réalités sociales difficiles et géopolitique en berne. Dans cette Amérique post-guerre du Vietnam, on suit l'évolution d'un homme, mal dans sa peau, qui tente de briser la routine en s'inventant une vie. Au final, c'est la longue pente qui le mène vers la ruine et la déchéance qu'il emprunte, sans forcément en avoir conscience et cette descente l'entraîne au tombeau.

A la base de ce film, il y a une expérience personnelle, celle de son scénariste, Paul Shrader, qui a vécu lui aussi une véritable descente aux enfers, sans le sou, abandonné par sa propre femme et sombrant peu à peu dans l'alcoolisme.

Paul Shrader dit avoir voulu transposer dans son scénario le roman "L'Etranger" d'Albert Camus, qu'il adapta au contexte américain. Il ne lui fallut qu'une dizaine de jours pou en rédiger le script.

Afin de faire des économies sur le budget, les acteurs acceptèrent de voir rogner leurs salaires. Ainsi, Robert de Niro ne touchera, pour ce film, que 35 000 dollars !

"Taxi Driver" fut vraiment tourné dans les rues de New York, entre juillet et août 1975 et pour mieux coller à la réalité, de Niro a vraiment suivi une formation de chauffeur de taxi.

La fameuse scène où il se parle à lui-même fut totalement improvisée, ce qui témoigne d'une grande compicité entre de Niro et Scorsese, qui laissa celui qui allait devenir son acteur fétiche en roue libre :

Taxi Driver - "You talkin' to me?"

On y voit même Martin Scorsese faire deux apparitions dans ce film, l'une en tant que client de Travis Bickle et l'autre, simplement au détour d'un plan panoramique et façon furtive. La femme de Scorsese, Diahnne Abbot figure aussi dans ce film, en tant qu'ouvreuse de cinéma porno et même sa mère, Catherine, que l'on voit sur la photo des parents d'Iris que Travis découpe dans le journal.

La musique est signée Bernard Hermann, déjà compositeur de beaucoup de bandes originales de films d'Alfred Hitchock, et qui décéda le soir de Noël 1975, quelques heures seulement après avoir bouclé la dernière note du film.

Bernard Herrmann - I Still Can't Sleep - Taxi Driver

Le film reçut la Palme d'Or au festival de Cannes en 1975 et fut nommé dans quatre catégories aux Oscars 1977.

Ma note : 8/10

 

 

 

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27 février 2019

"Le Chant du Loup" de Antonin Baudry (2018)

Le Chant du Loup (2)"Le Chant du Loup" de Antonin Baudry.

Avec François Civil, Omar Sy, Reda Kateb et Mathieu Kassovitz.

Le pitch :  Un jeune homme a le don rare de reconnaître chaque son qu’il entend. A bord d’un sous-marin nucléaire français, tout repose sur lui, l’Oreille d’Or.

Réputé infaillible, il commet pourtant une erreur qui met l’équipage en danger de mort. Il veut retrouver la confiance de ses camarades mais sa quête les entraîne dans une situation encore plus dramatique.
Dans le monde de la dissuasion nucléaire et de la désinformation, ils se retrouvent tous pris au piège d’un engrenage incontrôlable.

Mon avis :

Et bien, c'est une agréable surprise. Je dirais même que, pour un film français, il peut rivaliser sans peine avec un "USS Alabama" ou un "Octobre Rouge". Le film met à l'honneur les sous-mariniers français, nous fait découvrir leur univers avec leurs codes, leur langage et leur manière d'opérer dans tous les océans du globe. L'histoire reste bien entendu une fiction, mettant en scène une opération de la Marine nationale dans un contexte géopolitique tendu et proche d'un conflit généralisé. Mais le scénatio reste crédible. Du moins, si les choses devaient être ainsi dans la réalité, c'est certainement la manière dont ces spécialistes procéderaient. On entre donc à l'intérieur d'un Sous-Marin Nucléaire, en pleine action et on fait connaissance avec ceux que l'on appelle les "Oreilles" et qui, dans le jargon sous-marinier, désigne ceux qui sont à l'écoute du moindre bruit au fond de la mer et qui sont capables de les interpréter.

On sent qu'il y a eu un incroyable travail de recherche et de documentation pour réaliser ce film. La musique accompagne bien l'action, avec des moments de tension, puis de relâchement et de tension à nouveau. Il n'y a que très peu de temps mort et l'on ne s'ennuie pas tant on est "pris" dans l'histoire. Les décors sont remarquablement soignés, particulièrement pour les scènes sous l'eau et l'on se croirait presque dans un documentaire. 

Je le répète : pour un film français dans ce domaine, c'est une bonne surprise. 

Ma note : 8/10.

 

LE CHANT DU LOUP (2019) Bande Annonce VF - HD

 

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21 février 2019

Un grand méchant au cinéma : Lee Van Cleef

Lee van CleefBien avant Danny Trejo ou Jeremy Irons, Lee Van Cleef (1925-1989) c'était le méchant par excellence. Il crevait l'écran, par son style, son allure, sa présence...

C'est lui qui, dès ses débuts, arrive le premier en mode badass pour régler ses comptes avec le shérif Kane - alias Gary Cooper - dans Le Train Sifflera Trois Fois (High Noon) ; c'est lui qui affronte Liberty Valence (Lee Marvin) dans le chef-d'oeuvre de John Ford ou encore trouve une mort des plus violentes, tué par Doc Holliday (Kirk Douglas) dans Réglements de Comptes à OK Corral (Gunfight at the OK Corral) de John Sturges ; c'est également lui qui s'oppose à Clint Eastwood et Eli Wallash dans la myhique scène finale du duel dans Le Bon, la Brute et le Truand (Il Buono, Il Brutto, Il Cattivo) de Sergio Leone.

Bref, vous l'aurez compris, j'adore cet acteur.

Son regard froid et glaçant en fait le meurtrier parfait pour de nombreux films du cinéma d'action hollywoodien. Des rôles parfaitement travaillés, étudiés, taillés sur mesure pour une "gueule", comme on dit, en font l'ancêtre-type de tous les méchants des films d'action d'aujourd'hui.

 

Pour les plus jeunes qui ne le connaîtraient pas, n'hésitez pas à puiser dans la filmographie ci-dessous et préparez-vous à frémir devant le regard le plus glaçant de toute l'histoire du cinéma :

 

Lee Van Cleef - Wikipédia

Dès lors, Lee Van Cleef va enchaîner les rôles principaux dans de nombreux western italiens, et notamment : de Sergio Sollima, Le Dernier Jour de la colère de Tonino Valerii ou encore La mort était au rendez-vous de Giulio Petroni. Aus-Etats-Unis, en 1970, Gordon Douglas lui donne la vedette dans le film où il s'oppose à Warren Oates.

http://wikipedia.org

 

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